Le vieillissement apparaît après 80 ans

Vivre plus vieux est un objectif atteint dans les pays développés mais pour autant la qualité de vie après 80 ans est variable. Incapacité, perte de fonctionnalité, morbidité,  sont des paramètres à prendre en compte autant que l’espérance de vie dans le vieillissement. Une étude récente a tenté de poser le problème avec une approche originale en analysant les changements les plus souvent rencontrés avec l’avancée en âge. Dans ce travail portant sur le suivi de plus de 3000 personnes de plus de 60 ans pendant environ 5 ans, 5 indicateurs ont été retenus: le nombre de maladies chroniques, la vitesse de marche, un test de débrouillage cognitif classique (le Mini Mental State), deux tests simples d’évaluation de la vie quotidienne (IADL pour les activités instrumentales de la vie courante comme la gestion du budget ou des médicaments et PADL pour les activités de base de la vie courante comme l’habillage, le repas).

Les résultats sont particulièrement intéressants. En effet, il semble exister des seuils ou les différentes incapacités ou atteintes fonctionnelles apparaissent.

Le premier se situe à 60 ans. Il ne s’agit pas vraiment alors d’un déclin mais plutôt  de la présence fréquente de maladies chroniques qui ont pu d’ailleurs débuté auparavant.

Le deuxième seuil se situe à 84 ans. En effet, le suivi montre la survenue des premiers signes de troubles cognitifs légers illustrés par une diminution de la performance au MMS et aux tests d’évaluation de la vie quotidienne.

Le troisième seuil se situe autour de 90 ans avec l’apparition d’une perte d’autonomie aux tests d’évaluation de la vie quotidienne.

La vitesse de marche est un paramètre important . Elle fait déjà partie des critères de fragilité établis par les gériatres (critères de Fried comprenant vitesses de marche, fatigabilité, perte de poids, essoufflement, diminution de la force musculaire). Dans cette étude, la vitesse de marche commence à baisser bien avant la présence d’une incapacité. On peut la considérer comme un indicateur précoce du changement physique et de l’autonomie de la personne vieillissante.

Ce travail a aussi l’intérêt de confirmer le caractère hétérogène de l’avancée en âge. Il faut plus parler d’années de transition que de véritable rupture, et le mode de vie influence beaucoup la qualité du vieillissement. Cet article montre aussi qu’une majorité des personnes de moins de 90 ans garde un bon état fonctionnel. Les deux périodes identifiées, 80/84 et au delà de 90 ans nécessitent en fait une adaptation différente des besoins médicaux et sociaux. Si les premiers augmentent dans la tranche 80/90, ce sont les aides sociales qui vont devenir une priorité pour les plus de 90 ans, au domicile ou dans le cadre d’une recherche d’institution.

référence: Santoni G et coll. : Age-related variation in health status after age 60.PLoS One, 2015;10: e0120077

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